Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Institution fondée en 1690, Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec.

Le couvent de Pointe-aux-Trembles est l’une des premières écoles permanentes fondées par Marguerite Bourgeoys et ses compagnes sur l’île de Montréal. En effet, les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame s’impliquent dans le développement des services religieux et éducatifs de cette communauté dès 1678. Fort Saint-Jean (aujourd’hui Pointe-aux-Trembles) compte alors environ quatre-vingts familles, formées de plus de quatre cents personnes. Deux religieuses y font d’abord des séjours intermittents en été, car elles doivent s’y rendre en canot. Il s’agit de sœur de l’Assomption (Marie Barbier), elle-même originaire de Pointe-aux-Trembles et de sœur Sainte-Ursule (Ursule Gariépy). En 1690, à la demande du sulpicien François Séguenot, premier curé de Pointe-aux-Trembles, les sœurs missionnaires s’installent de façon permanente au sein de la paroisse Côte Saint-Jean. La première mission des religieuses est d’abord établie dans une modeste maison de bois, surmontée d’une croix en fer forgé. En 1754, cet établissement est remplacé par une maison plus solide et plus vaste, construite face au fleuve Saint-Laurent. Construit en pierres, le nouveau bâtiment consiste en un rez-de-chaussée, un étage ainsi qu’un comble français. À cette époque, la Congrégation fait l’acquisition d’un terrain attenant à la résidence. En 1850, près de cent ans plus tard, cette maison est élevée d’un étage. En 1878, le nombre des inscriptions ne cessant d’augmenter, on fait bâtir un couvent plus vaste sur le terrain attenant. Le couvent accueille à la fois des pensionnaires et des externes. Les religieuses prodiguent l’éducation aux jeunes filles francophones et anglophones de la région. Le dessin, le piano et l’histoire figurent parmi les cours offerts. En 1881, les sœurs accueillent quarante-et-une pensionnaires. Le premier conventum réunissant les anciennes élèves et les enseignantes retraitées a lieu le 5 octobre 1896. Trois cents personnes participent à ce grand événement, couvert par la presse locale. Pour l’occasion, les anciennes font cadeau aux sœurs d’un chemin de croix et de deux candélabres destinés à orner la chapelle du couvent. Au tournant du vingtième siècle, la ville de Pointe-aux-Trembles s’urbanise. En novembre 1896, les sœurs sont témoins du tout premier tramway électrique à rejoindre Pointe-aux-Trembles. Cette période marque aussi le début d’un accroissement de la population. Le nombre de jeunes filles pensionnaires s’élevant à cent vingt-et-un en 1902, une annexe doit inévitablement être construite pour accueillir toutes les élèves inscrites. Sa construction se termine en 1909.

Le 20e siècle se montre dévastateur pour le patrimoine bâti de Pointe-aux-Trembles. En effet, le 28 juin 1912, un grand incendie détruit plus d’une cinquantaine de bâtiments. L’église et le couvent comptent au nombre des édifices épargnés par le feu. Ayant eu droit à un court répit, le couvent est ravagé par les flammes en avril 1922. Le feu prend naissance dans le grenier, et l’édifice est complètement réduit en cendres. Sans hésiter, on décide de construire un tout nouveau couvent, un quatrième bâtiment qui accueillera l’établissement. Les cours peuvent reprendre rapidement puisque des classes temporaires sont aménagées à l’hôtel de ville et à l’académie Roussin, dirigée par les Frères du Sacré-Cœur. La construction du nouveau couvent est achevée en 1924. L’Amicale Notre-Dame-de-la-Réparation est créée en 1929, regroupant plus de deux cents anciennes élèves. Le 8 juin 1940, on célèbre le 250e anniversaire de la fondation du couvent de Pointe-aux-Trembles. Une messe spéciale est présidée par Mgr Georges Gauthier, archevêque de Montréal. Un concert et un banquet réunissent cinq cents invités. Au début des années 1950, toujours fort de son importance dans la communauté, le pensionnat regroupe huit classes de pensionnaires et cinq classes à l’école paroissiale. À partir de 1952, des enseignantes laïques viennent s’ajouter au corps professoral. En 1954, le couvent prend officiellement le nom de Notre-Dame-de-la-Trinité. Six autres classes sont aussi temporairement installées dans le sous-sol de l’église jusqu’à l’ouverture officielle de l’école Saint-Enfant-Jésus, le 11 décembre 1955. Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame en prennent la direction. En juin 1959 a lieu l’inauguration d’un monument commémoratif sur le terrain du pensionnat. Une coupole en pierres des champs, abritant une statue à l’effigie de Marguerite Bourgeoys et la croix de fer forgé du tout premier couvent, est gracieusement offerte par les habitants. Sur le plan de l’enseignement, le cours classique est inauguré en 1961. On compte alors deux cent soixante-et-onze élèves inscrites au couvent Notre-Dame-de-la-Trinité, dont quatre-vingt-douze pensionnaires. À partir des années 1960, les étudiantes peuvent bénéficier de cours de cinéma. En 1963, le couvent est doté d’un gymnase. Deux ans plus tard, en 1965, l’institution s’associe à la Commission scolaire régionale Le Royer et devient une école secondaire. On offre aux élèves plusieurs options : section générale, sciences-lettres et sciences-mathématiques. Lors de la fermeture du pensionnat en juin 1967, des travaux ont lieu afin de transformer le dortoir en cinq classes supplémentaires. Cette modification permet d’accueillir un nombre record de cinq cent cinquante élèves. Les sœurs de la Congrégation continuent à enseigner aux écoles mixtes Paul-Gratton et Saint-Enfant-Jésus jusqu’au milieu des années 1970.

Après presque trois cents ans voués à l’éducation à Pointe-aux-Trembles, les sœurs se retirent de l’enseignement en juin 1975, année qui marque la fin de leur contrat d’enseignement avec la Commission scolaire régionale Le Royer. En 1977, d’importantes rénovations ont lieu afin de réaménager les locaux en résidence pour les sœurs aînées. Certaines religieuses poursuivent leur mission en tant qu’animatrices de pastorale au sein de la paroisse. En juin 1990, on célèbre le 300e anniversaire de l’arrivée des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à Pointe-aux-Trembles. La fête a une telle ampleur que le comité organisateur lance un appel aux médias afin de retrouver le plus possible d’anciens enseignants, enseignantes et élèves. Une grande réception suivie d’une célébration eucharistique à l’église Saint-Enfant-Jésus figurent au programme. Une chorale composée de trente-cinq religieuses anime la messe. Enfin, un vin d’honneur et un buffet sont servis aux nombreux invités. En 2004, le monument commémoratif offert aux sœurs en 1959 est vandalisé. La statue de Marguerite Bourgeoys subit quelques dommages et la croix de fer qui surmontait le tout premier couvent et datait de 1690 est dérobée. En novembre 2009, les religieuses quittent définitivement le couvent sis rue Notre-Dame Est, à l’angle du boulevard Saint-Jean-Baptiste. En juin 2011, le bâtiment est vendu à l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. À la suite de travaux de rénovation majeurs, la Maison du citoyen, regroupant la mairie, plusieurs comptoirs de services municipaux et une salle communautaire, y ouvre ses portes en avril 2016.

N.B. : Ce texte a été rédigé à partir des documents contenus dans le fonds d’archives en notre possession et ne constitue pas une histoire administrative complète de l’établissement scolaire.

Révisé le 12 avril 2016

Vue extérieure - Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat - Notre-Dame-de-la-Trinité

Vue extérieure - Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat - Notre-Dame-de-la-Trinité, Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec, [18-].

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec

Institution fondée en 1690

Deuxième emplacement (1690-[ca 1754]

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec

Institution fondée en 1690

Premier emplacement (1754-[ca 1878])

Dernière adresse : [Boulevard Saint-Jean-Baptiste?]

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec

Institution fondée en 1690

Troisième emplacement (1878-1975)

Dernière adresse : 12090, rue Notre-Dame Est

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec

Institution fondée en 1690

Quatrième emplacement ([ca 1922]-1924)

Dernière adresse : 12085-1212, rue Notre-Dame Est

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Notre-Dame-de-la-Trinité

Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec

Institution fondée en 1690

Cinquième emplacement ([ca 1922]-1924)

Dernière adresse : 12125, rue Notre-Dame Est

Premier emplacement : (1754-[ca 1878]) - [Boulevard Saint-Jean-Baptiste?]
Deuxième emplacement : (1690-[ca 1754] - Adresse à déterminer
Troisième emplacement : (1878-1975) - 12090, rue Notre-Dame Est
Quatrième emplacement : ([ca 1922]-1924) - 12085-1212, rue Notre-Dame Est
Cinquième emplacement : ([ca 1922]-1924) - 12125, rue Notre-Dame Est