Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Sainte-Victoire

Institution fondée en 1878, Victoriaville, Québec.

En 1878, à la demande du curé Édouard Laflèche et des principaux citoyens de la paroisse Sainte-Victoire de Victoriaville, Mgr Louis-François Laflèche autorise l’érection du couvent Sainte-Victoire, à condition que les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame en assument la direction et l’enseignement. Les paroissiens achètent un terrain et une maison, situés rue Notre-Dame Est, pour y installer le couvent, l’école paroissiale pour jeunes filles et le pensionnat. Le 24 août 1878, Sœur Sainte-Marie-de-la-Salette (Marguerite Laberge), supérieure, et sœur Saint-Olivier (Marie-Liduvine Gaudet) arrivent à Victoriaville. Sœur Sainte-Christine (Marie-Léda Parent) s’ajoute ensuite aux fondatrices de la première heure. La bénédiction du couvent et l’installation officielle des sœurs a lieu le 13 septembre 1878. L’ouverture des classes se fait le 16 septembre 1878 : cent six élèves s’inscrivent, dont cinq pensionnaires. Le nombre de pensionnaires augmente chaque année et le premier bâtiment fourni aux religieuses devient trop étroit. En outre, cette première maison peu solide et surnommée « le château de cartes », est le théâtre de vingt incendies en quatre ans en raison d’une mauvaise disposition des cheminées. Après diverses négociations, la Congrégation décide, en 1881, de faire construire un couvent selon les plans de l’architecte Louis Caron. Plus solide et plus spacieux, le nouveau couvent et pensionnat Sainte-Victoire ainsi que l’école paroissiale, dont les bâtiments ne sont pas reliés entre eux, sont dorénavant situés sur la rue Notre-Dame Ouest, sur un terrain voisin de l’église. Les religieuses y emménagent le 8 août 1882 et vingt-huit pensionnaires font leur entrée le 1er septembre 1882. En 1885, la Congrégation vend l’ancien couvent aux commissaires. En 1902 et 1903, une annexe est ajoutée au couvent, entre le pensionnat et l’école paroissiale. Elle comprend une vaste chapelle, une salle de réception et un dortoir.

En 1907 et 1909, la Congrégation acquiert des terrains contigus aux siens et, en 1910, une annexe supplémentaire est construite. Le 7 octobre 1912, le Département de l’Instruction publique accorde le titre d’Académie à l’Externat dirigé par les religieuses et sous le contrôle des commissaires de la commission scolaire. En 1915, le pensionnat jouit du grand privilège des cours sous-gradués et gradués. La même année a lieu l’inauguration du Cercle littéraire Notre-Dame-des-Études. En 1919, la construction d’une passerelle de trois étages permet de relier tous les bâtiments. En 1923, en plus des élèves et des quatre enseignantes, l’inventaire du couvent Sainte-Victoire dénombre… soixante poules et deux vaches Le 5 mai 1924, le couvent est affilié à l’Université Laval pour son cours de Lettres-Sciences puis à l’Université de Montréal, en 1947. Cette affiliation permet aux élèves de recevoir de l’université des certificats d’études et des diplômes après examens universitaires subis selon les règlements approuvés par le Conseil universitaire. Le 18 décembre 1929, l’amicale Notre-Dame-de-la-Victoire est fondée. Ses activités débutent le 11 janvier 1930. Le Cercle de couture de l’Amicale est fondé en février 1930 et le Cercle d’études en décembre 1934. Avec les besoins pressants d’une population grandissante à Victoriaville, les commissaires bâtissent la spacieuse école Saint-David qui accueille, dès 1931, le surnombre des élèves de l’école paroissiale Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, rattachée au pensionnat Sainte-Victoire. En 1949, l’école Notre-Dame-du-Saint-Rosaire emménage dans une aile de l’ancien Collège des Frères du Sacré-Cœur et devient l’école Saint-Wilfrid. Les religieuses du couvent assument la direction et l’enseignement dans ces deux écoles.

Pour les festivités du soixante-quinzième anniversaire, en 1953, d’anciennes élèves, de tous les coins de la province et même de Californie et de l’Est des États-Unis font route vers leur Alma Mater : la salle de banquet préparée pour six cent cinquante couverts s’avère trop petite Certaines durent se contenter des escaliers, des corridors et même des parloirs. De 1954 à 1965, l’édifice du pensionnat Sainte-Victoire héberge une école normale pour former de futures institutrices. Ses classes sont entièrement distinctes de celles du pensionnat. En 1955, les cours sont affiliés à l’Université de Sherbrooke. En mai 1958, les élèves fondent le journal étudiant La voix du pensionnat Sainte-Victoire. En septembre 1960, une classe d’Éléments latins est inaugurée au pensionnat Sainte-Victoire. En 1962, avec l’ouverture de l’école secondaire régionale des Bois-Francs (pour filles), le pensionnat Sainte-Victoire et l’école paroissiale Saint-Wilfrid ferment leurs portes. Le couvent Sainte-Victoire conserve l’école normale et devient une résidence pour les religieuses retraitées et celles qui enseignent dans les écoles publiques de la ville. Pour l’année scolaire 1970-1971, vingt-huit sœurs demeurent au couvent Sainte-Victoire. Certaines enseignent à l’école secondaire Albert-Morissette, à l’école Saint-Gabriel-Lalemant, à l’école Saint-David et au Cégep de Victoriaville. Le 24 juin de la même année, les sœurs visitent des loyers sur la rue de la Ronde, à proximité de l’église de l’Assomption et à une dizaine de minutes de l’école Albert-Morissette. Certaines décident de quitter le couvent pour s’y installer. Du 11 au 21 avril 1972, la grève générale touche les enseignants et les religieuses y prennent part, tout comme les laïques. En 1981, la finale des Jeux du Québec se tient à Victoriaville et les écoles sont utilisées comme dortoirs, salles de détente et cafétérias pour les trois milles athlètes et leurs responsables. En 1991, la ville de Victoriaville adopte un plan d’urbanisme, pour la protection et la mise en valeur du patrimoine qui inclut le couvent Sainte-Victoire de style Second Empire. Le couvent ferme ses portes en 1996. Les sœurs quittent le couvent le 24 septembre, certaines pour aller sur le boulevard Jutras Est, à Victoriaville. Le 14 mai 1997, le Conseil de consulteurs de la Congrégation décide de vendre le couvent et les terrains qui seront transformés en résidence pour personnes âgées.

N.B. : Ce texte a été rédigé à partir des documents contenus dans le fonds d’archives en notre possession et ne constitue pas une histoire administrative complète de l’établissement scolaire.

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Sainte-Victoire

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Sainte-Victoire

Victoriaville, Québec

Institution fondée en 1878

Premier emplacement (1878-[ca 1882])

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Sainte-Victoire

Couvent de la Congrégation de Notre-Dame / Pensionnat Sainte-Victoire

Victoriaville, Québec

Institution fondée en 1878

Deuxième emplacement (1882-1962)

Dernière adresse : 131, rue Notre-Dame Ouest

Nom de l’architecte(s) ou de la firme : Louis Caron

Premier emplacement : (1878-[ca 1882]) - Adresse à déterminer
Deuxième emplacement : (1882-1962) - 131, rue Notre-Dame Ouest